Deuxième matinée de congrès

Ambiance5
L’ambiance est joyeuse ce matin !
  • Carla Stecco, MD, Centre de mécanique des matériaux biologiques, Université de Padoue, Italie

SUJET de la communication : Understanding Matrix Biology of Fascia: New Insights – Comprendre la biologie matricielle des tissus fasciaux: nouvelles perspectives au cours des 3 dernières années

Dr. Carla Stecco est chirurgienne orthopédique et professeure en anatomie humaine et en sciences du mouvement à l’Université de Padoue, en Italie. Elle est membre fondateur de la Fascia Research Society et de la Fascial Manipulation Association. Elle est membre de la Société italienne d’anatomie et d’histologie et de l’Association française des morphologues. L’activité scientifique du Dr Stecco est consacrée à l’étude de l’anatomie des fascias humains d’un point de vue macroscopique, histologique et physiopathologique. Elle a personnellement fait plus de 200 dissections de cadavres frais pour la recherche.

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Carla Stecco a commencé par rappeler qu’il existait plusieurs types de fascia, et notamment un fascia dense, très collagénique, destiné à transmettre les contraintes mécaniques, et un fascia aréolaire, plutôt lâche, avec un rôle métabolique, destiné à permettre les glissements.

L’acide hyaluronique (ou hyaluronase) est une molécule qui permet de lubrifier et de faciliter les glissements. Il est peu présent dans les fascias denses tels que l’épimysium, mais l’est beaucoup plus dans le fascia aréolaire et les rétinacula. Il est produit par des cellules découvertes par son équipe : les fasciacytes. Ce sont des cellules ayant la même origine que les fibroblastes, mais qui produisent peu de fibres et beaucoup d’acide hyaluronique, alors que les fibroblastes produisent plutôt des fibres (collagène et élastine notamment). De manière logique, on trouve beaucoup de fibroblastes dans les structures denses et fibreuses et des fasciacytes dans les zones de glissement. De même, les contraintes mécaniques en traction stimulent les fibroblastes et la production de fibres, et les contraintes en glissement/cisaillement stimulent les fasciacytes et la production d’acide hyaluronique.

Son équipe s’est également intéressée à l’impact du cycle hormonal de la femme sur les fascias. Ainsi, les œstrogènes ont tendance à diminuer la production de collagène de type I (grosses fibres très résistantes) et à augmenter la production de collagène de type III (petites fibres s’organisant en réseau, plutôt élastiques) et de fibrilline (fibres élastiques).

  • Neil Theise, MD, École de médecine de l’Université de New York, New York, NY

SUJET de la communication: The Interstitium – L’interstitium

Neil Theise est l’auteur principal de l’article intitulé «Structure et répartition d’un interstitium non reconnu dans les tissus humains», récemment publié dans la revue Scientific Reports. Il est physio-pathologiste, spécialiste du foie et chercheur spécialiste des cellules souches chez l’adulte. Il exerce à New York, où il est professeur de pathologie à la NYU School of Medicine. Ses recherches ont permis de réviser la compréhension de la microanatomie du foie chez l’homme, ce qui a directement conduit à l’identification de niches de cellules souches du foie et de la voie de régénération de la moelle vers le foie. Il est considéré comme un pionnier de la plasticité des cellules souches dans les organes adultes et a publié des articles sur ce sujet dans Science, Nature et Cell.

Suite à la sortie de son article qui avait fait le buzz sur internet, le monde du fascia avait réagit vigoureusement car il annonçait la découverte d’un nouveau tissu, alors que celui-ci avait été décrit depuis longtemps par des chercheurs spécialistes du fascia, comme le Dr Jean-Claude Guimberteau.

Passée cette réaction, contact avait été pris avec lui, et il a été invité par les organisateurs du congrès à présenter ses travaux, et par la même occasion, qu’il prenne connaissance de l’étendue des recherches sur le fascia. Son intervention a été très apréciée, et il a semblé à la fois impressionné et honoré par le public du congrès.

Il est revenu sur son expérience et sur comment il en est venu à explorer l’espace sous-muqueux, ce qui l’a conduit à la (re)découverte d’espaces « libres » et de canaux pré-lymphatiques. Il a également rappelé qu’une bonne circulation des cellules tumorales dans ces espaces pouvait paradoxalement aider à lutter contre la diffusion de métastases, leur stase conduisant irrémédiablement à la formation de tumeurs dans les tissus sous-muqueux.

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résumé de la notion de fascia !

Au passage, il a replacé sa vision du corps humain au regard des connaissances récentes. Pour lui, la médecine a commencé par séparer, les organes d’abord, puis les cellules, etc. Aujourd’hui, on semble plus s’intéresser à la circulation des éléments entre les cellules, entre les organes, et après avoir été un médecin orienté sur les cellules (en tant que physio-pathologiste), il se considère maintenant comme un médecin des fluides.

  • Frank Willard, PhD Département d’anatomie, Université de Nouvelle-Angleterre, Collège de médecine ostéopathique, Portland, ME

SUJET de la communication: Spinal Anatomy and Neurology of Spine Pain – Anatomie de la colonne vertébrale et neurologie de la douleur de la colonne vertébrale

Frank Willard est professeur d’anatomie et de neuroanatomie au College of the Osteopathic Medicine de l’Université de New England (US). Il est également membre du conseil d’enseignement de l’European School of Osteopathy et du British College of Osteopathic Medicine. Titulaire d’un doctorat en anatomie et en neurobiologie de la faculté de médecine de l’Université du Vermont en 1981, ses recherches portent sur l’anatomie et la neurologie de la colonne vertébrale.

Après avoir rappelé que 70% des douleurs lombaires sont d’origine myofasciale, et avoir fortement déploré l’association qui existe depuis longtemps entre hernie discale et douleurs lombaires, cet orateur a fait un tour d’horizon des différentes structures anatomiques pouvant générer des douleurs : en partant du fascia thoraco-lombaire puis en passant par les structures discales, les ligaments, pour finir les structures nerveuses.

  • Paul Hodges, PhD, MD, DSC, BPhty (Hons), FACP, Conseil national de la santé et de la recherche médicale (NHMRC), Université du Queensland, Brisbane, Australie

SUJET de la communication: Pain and Movement Control – Contrôle de la douleur et des mouvements

Paul Hodges est chargé de recherche principal et directeur du Centre d’excellence de la recherche clinique sur la douleur vertébrale, les blessures et la santé au NHMRC (CCRE SPINE) de l’Université du Queensland, Brisbane, Australie. Paul est titulaire de trois doctorats : un en physiothérapie et deux en neurosciences. Ses recherches combinent ces compétences pour mieux comprendre la douleur, le contrôle des mouvements et l’interaction entre les multiples fonctions des muscles du tronc, notamment le contrôle de la colonne vertébrale, la continence, la respiration et l’équilibre.

Il a rappelé la différence entre nociception (production et transport de l’information vers le cerveau) et douleur (traitement de l’information par le cerveau), en précisant qu’il pouvait y avoir de la nociception sans douleur et de la douleur sans nociception. Les dysfonctionnements, avec la sensibilisation par exemple, peuvent intervenir sur ces 2 niveaux (sensibilisation périphérique, ou centrale dans le SNC).

Lors de douleurs aiguës (provoquées par une lésion du disque intervertébral dans son étude), il y a une diminution de la stimulation nerveuse du muscle et apparition d’une inflammation. Dans la phase sub-aigue, l’inflammation est accompagnée d’œdème, de prolifération du tissu conjonctif et d’infiltrat graisseux. Le muscle ne semble donc pas atrophié (il garde le même volume) mais il est remanié dans sa structure et son efficience est altérée.

Il  a également cité des travaux qui ont porté sur les modifications du cerveau dans les phases sub-aigues et chroniques de lombalgie. Il a ainsi indiqué qu’il y avait une modification au niveau du cortex moteur et que le contrôle fin des muscles du rachis disparaissait avec la chronicisation. Une inflammation a également été découverte dans le cerveau, avec une activation spécifique des cellules gliales dans le thalamus et le cortex moteur.

Il propose ainsi une rééducation  spécifique centrée sur l’exercice physique, adaptés à l’évolution de la pathologie (phase aigue, sub-aigue et chronique) afin de lutter contre les différentes évolutions de la pathologie.

Tout au long de son intervention, il a également beaucoup insisté sur les phénomènes psychologique et sociaux qui viennent influencer la douleur et son évolution.

2 réflexions sur “Deuxième matinée de congrès

  1. Fatiha Djouahra-Lopinet

    Un grand merci à vous tous pour ce lien… tous ces liens… Merci à toi Christian, la communauté de la Pédagogie Perceptive se sent concerné, plus riche, plus fluide.
    Fatiha Lopinet

    J'aime

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